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le chant
Je vibre quand tu vis, un cœur pour un cœur, Puisque je brille quand tu brilles, alors je meurs quand tu meurs, Dis-moi pourquoi je m’essouffle et je m’entête, Pourquoi je tousse, pourquoi c’est moi qui m’étouffe quand c’est toi qu’on enterre ?
YoussouphaMourir mille fois
le lexique

lifequake.

[laɪf.kweɪk] nom.

Bouleversement cataclysmique dans l’existence personnelle, si profond et transformateur qu’il divise la vie en un avant et un après.

lire la réflexion
Un paysage de vagues et de sommets, comme une onde de choc.
renaître des séismes

L'aube peinait à percer. C'était le scénario d'un matin sans histoire : un café tiède abandonné, une liste de courses raturée sur un coin de table, des projets de week-end déjà oubliés. Ella ne savait pas encore que la tectonique de son existence était en mouvement, que sous le carrelage froid, les plaques étaient prêtes à rompre.

Soudain, l'impact. Pas de bruit, juste une sonnerie. Au bout du fil, une voix qui s'effrite, et le temps qui sort de ses gonds. La sidération la frappe de plein fouet : le cœur qui cogne contre les côtes, les jambes qui se dérobent, la vision qui se tunnelise. Les mots tombent, lourds, définitifs. Ils ne disent pas seulement une nouvelle ; ils figent la pièce dans un nihilux absolu, une parenthèse de vide où l'avant et l'après s'annulent pour ne laisser qu'un présent immobile. Pourtant, autour, l'insulte du réel continue. Un chien aboie, une voiture passe, le soleil ose même se lever. Dans ce vacarme silencieux, Ella regarde son salon devenir étranger. Ses projets sont suspendus dans le vide, comme des marionnettes dont on aurait tranché les fils. Ce n’est plus une journée ordinaire, c’est le jour du lifequake. L'épicentre d'un tremblement intime qui vient de redessiner, brutalement et à jamais, la cartographie de son monde.

Sofiane Toudji
il reste encore tant à ressentir

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